Tarification des déchets et nouvelles pratiques de tri : pourquoi doit-on donner la parole aux citoyens ?

Déchets_Qualitest

« Décider sans consulter, c’est risquer de bloquer l’action publique. »


À l’heure où les collectivités innovent pour améliorer la gestion des déchets – en instaurant la redevance incitative, en déployant des points d’apport volontaire, ou en investissant dans des systèmes connectés – les réactions citoyennes sont parfois vives. Dans certains territoires, la contestation prend même une forme organisée, nourrie de défiance vis-à-vis de décisions perçues comme descendantes et déconnectées.

Chez Qualitest, nous accompagnons depuis plusieurs années des syndicats de collecte, des agglomérations et des métropoles dans l’évaluation de leurs dispositifs de gestion des déchets. Et notre constat est clair : le succès des transformations techniques passe toujours par l’adhésion sociale. Autrement dit : si l’usager ne comprend pas le sens de la réforme, s’il n’en perçoit pas les bénéfices – ou pire, s’il la subit sans avoir été associé à la réflexion – le risque de rejet est maximal.

Quand l'absence de dialogue alimente la défiance

Les dernières enquêtes que nous avons menées montrent une dégradation progressive de l’image des syndicats de collecte auprès de leurs usagers – qu’il s’agisse de particuliers ou de professionnels. Les critiques se cristallisent autour de trois points :

  • le coût perçu comme excessif, souvent mal expliqué ;

  • la complexité des nouveaux dispositifs (badges, quotas, accès aux bornes…) ;

  • et un sentiment d’iniquité ou d’injustice vis-à-vis des profils spécifiques (personnes âgées, résidents secondaires, familles nombreuses, usagers éloignés…).

Ces critiques ne sont pas nouvelles. Ce qui change, c’est qu’elles se traduisent aujourd’hui par une méfiance croissante, alimentée par les réseaux sociaux, les rumeurs locales… et parfois par des collectifs très virulents. Le dialogue se rompt. Et la pédagogie arrive trop tard.

Associer les citoyens en amont : un levier de réussite

Face à cette situation, une conviction s’impose : les élus et les techniciens ne peuvent plus faire l’économie de la concertation. Il ne s’agit pas seulement de communiquer mieux, mais d’impliquer les usagers dans la réflexion dès l’origine du projet.

Cela peut prendre plusieurs formes :

  • des entretiens exploratoires ou des groupes de discussion en amont pour comprendre les attentes et les freins ;

  • des enquêtes d’acceptabilité pour mesurer la perception des dispositifs envisagés ;

  • des consultations publiques ou des ateliers citoyens pour co-construire des solutions adaptées à la réalité du terrain.

Une participation utile… même (et surtout) en situation de tension

Certains territoires redoutent d’ouvrir la boîte de Pandore en interrogeant des citoyens jugés déjà très critiques. Mais l’expérience montre que même dans ces contextes tendus, il est possible de reconstruire un dialogue. La condition ? Que la parole soit réellement écoutée, que les retours soient pris en compte dans les ajustements, et que l’on fasse preuve de transparence sur les marges de manœuvre.

Chez Qualitest, nous croyons que les enquêtes ne doivent pas être perçues comme de simples outils de mesure – mais comme de véritables instruments de pilotage et d’acceptation sociale. Car dans un monde où l’action publique est de plus en plus contestée, impliquer, c’est déjà réussir.

Johann Pardo Chargé d'études Senior

Bientôt 20 ans d’expérience dans le domaine des études, pour aider les entreprises à toujours mieux se positionner sur leur marché.

Adepte des méthodes qualitatives pour un meilleur décryptage des insights.

Spécialisé dans le secteur de la santé, au cœur des enjeux d’actualités et des transformations du secteur.

Voir les articles

Ces articles pourraient vous intéresser :

Construire des indicateurs d’étude dans un programme de prévention des déchets

Florian Gérard
15 mar. 2016

Communiquer des résultats d’une étude au citoyen

Florian Gérard
15 mar. 2016

Besoin d'aide ?

Contactez-nous